jeudi 16 janvier 2020

Ce que j'ai de nocturne / d'étoilé en dedans

J'ai envie de raconter
une nouvelle histoire
envie d'inventer
une façon nouvelle d'habiter cette vie-là.
Je me sens seule, ici
dans ma ville entre les montagnes
Je me sens seule, ici
sans complices pour la vie sweet et crazy à la fois
Je me sens seule, ici
après avoir brisé méthodiquement chacun de mes repères
de mes jalons
ceux qui étaient aussi, les barreaux de cette prison dorée
dans laquelle je dépérissais.

Dans six mois, j'ai enfin terminé ce cycle d'études.
Qu'est-ce qu'on fait du reste de cette vie ?

idées comme ça :


courtiser la banalité
faire l'éloge du quotidien
tout ce que je fais aujourd'hui n'est qu'une étape à ce qui sera demain
; cette période-ci est transitoire, l'appartement avec le lit dans le salon, le négatif sur les relevés du compte en banque, la fatigue, la sensation d'être useless, le ventre vide, les doutes ;
écrire à celles que j'ai blessées autrefois ? ou peut-être pas.
j'ai envie de réparer des choses, d'en panser d'autres.
j'ai envie d'alléger le pas qui me fait traverser l'existence, parfois en sautillant et parfois avec une sensation de lourdeur infinie.



jeudi 2 janvier 2020

Tournez le vent la dune à l'envers



Des choses du premier jour de l'année :

quatre mésanges, le ventre bleu et duveteux ; un petit rouge-gorge
la mer du nord en hiver,
son froid piquant sur ma peau nue
des crêpes épaisses tartinées de beurre salé
des promeneurs joyeux et taquins
le livre offert par Maman quelques jours plus tôt,
dont l'héroïne porte un prénom islandais qui signifie "aimer"
des photographies de mes enfants
de la vase sur mes mains nues
la voix de Bourvil
qui chante "bonne année, bonne santé"
dans le poste de radio
une promesse
de la gelée de pommes,
à étaler sur les tartines du petit déjeuner
un reproche de Vé
une grande sérénité, beaucoup de joie, une dispute résolue, un énorme coup de stress
deux petites mamies discutant sous un porche
le ventre un peu bombé d'une femme et juste là,
l'annonce d'un enfant à venir
puis un autre
puis un autre
quelques très jolies phrases lues
le désir de ralentir
tout de suite après
l'envie urgente, pressante, d'un baiser
si intense
qu'il réveille le corps
renoncer à un projet vain
faire le choix secret d'en mener un autre
songer que je travaille sur ça, voilà,
sur l'empêchement
au cinéma
en littérature
en recherche
les empêchements
me dire voilà,
à quelques kilomètres d'ici
il y a deux ans
Vé & moi ne savions pas que notre histoire se terminait
se terminait de la façon dont elle existait alors
me dire voilà,
à quelques kilomètres d'ici
il y a un an
le garçon au vélo et moi dansions à nous faire
les corps exulter
me dire voilà,
ici,
cet instant,
la lumière, dissimulée derrière un ciel lourd et noir
le souvenir de l'expo Soulages ratée à Montpellier,
évoquée avec un inconnu dans le train,
convoquée à l'instant de poser une intention - de la lumière, beaucoup de lumière
quelques chansons
quelques pas de danse
tournez le ciel et tournez la terre

Ce passage-là était vraiment bien
Ce passage-là était bien