dimanche 12 avril 2015

Ce n'est plus que du flot que le flot est témoin

The Sound of Silence by Simon & Garfunkel on Grooveshark




janvier 2015-avril 2015, où l'on mange des pâtes dans la belle vaisselle du dimanche et des tartes bourdaloues dans de jolies assiettes en porcelaine ; il y a parfois du thé mais toujours un petit café serré après le déjeuner. On étend parfois une grande nappe sur la pelouse devant la maison de pierres et en regardant autour de nous, la grange, la grande grille aux pointes blanches, les tilleuls dans lesquels l'on se promet d'accrocher une balançoire, les oliviers et les camélias, la petite forêt qui surplombe les deux maisons et puis derrière au loin, nos champs de romarin et de sauge, le potager qui jouxte le bassin et tous les fruitiers que les chers amis ont planté à l'automne, figuiers, noisetiers, pêchers de vignes, poiriers, pommiers et cerisiers, voilà le regard embrasse les merveilles environnantes et l'on se dit que l'on a été adoptés par cet endroit au charme fou. De l'autre côté, il y a les soirs tombants et les soleils d'or de fin de journée, les fesses sur le banc les pieds sur la pierre de meule et les cheminées qui se mettent à fumer dans le village en contrebas. La clochette du portillon ne cesse de sonner, il y a toujours du monde de passage dans cette maison-portes-ouvertes et si le vent du sud apporte le mauvais temps, il transporte dans son sillon les heureuses gens qui viennent ici pour un jour, deux, trois ou mille. Je n'ai pas appris à jouer de la guitare mais celle de Farfa chante à qui mieux mieux dans tellement de mains. Le dimanche après-midi, dans le soleil éclatant qui noie toute tristesse potentielle, l'on écoute Glenn Gould jouer les variations Goldberg et ça ressemble à la vie, oh ça ressemble à la vie, les amis. Mon bel amour dit tu y songes toi, si je prends une pause dans mon travail de la journée, je peux me retrouver pieds nus sur le chemin, tu y songes à la route parcourue depuis Toulouse et le bitume ? hé oui, j'y songe mon amour, quand je vois les tendres pieds de Blanche enchainer les petits pas sur l'herbe humide et que Camille s'envole presque sur son vélo, quand nous marchons dans les bois et observons silencieux le terrier d'un renard, quand nous cuisinons des lentilles corail et du riz complet dans la cuisine encombrée et que nous dînons silencieusement tant chacun savoure sa portion et encore, encore, tend son assiette pour un nouveau service. Sur la table de ferme, le cubi de Crozes jouxte celui de jus de pommes du pays, l'assiette au liseré bleu comporte les fromages du Vercors et le pain aux figues, voilà, il y a la bouffe, l'amour et la musique, les beaux enfants et le soleil, il y a mes pieds nus qui sautent dans la vie et mon corps doré qui apprend à se délasser. Bons baisers du bonheur, les amis, bons baisers du bonheur.



3 commentaires:

  1. Qu'il y ait encore, encore, encore, de la grande vie par chez vous. Une bise d'ici.

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  2. NUIT D’ETE
    Le vent égare les flots en sillons changeants
    Sous nos yeux illuminés d’éclats du couchant
    Et de désirs éclaboussant le ciel crépusculaire
    De poussières d’argent aux effluves de mer.

    Tandis que la plage absorbe en gargouillis
    Nos humeurs s’entremêlant dans une mélodie,
    La mer épouse le ciel dans le jour succombant
    Et se parsème alors de grains scintillants

    Nos remous heurtés excavent la grève déserte
    Dans une obscure chorégraphie vibrante et alerte
    Oublieuse des morsures salines saignant les pores
    Et des ressacs de la mer rencognant nos corps.

    Nos souffles mêlent à l’air des odeurs d’arène
    Dans des heurts effrénés que le silence draine
    Et entre le concert des flots et le phare de la lune
    Les heures s’entrelacent sous les feux de la brune

    Docile enfin se fait la houle en taisant sa rumeur
    Et le temps s’écoule alors sans compter ses lueurs
    Sans aiguilles et sans cadran en cette nuit d’été
    L’extase s’éternise en conjuguant être et avoir été.

    Xavier M. (Neptune_bleu sur Twitter)
    (Extrait d’un recueil déposé à la S.C.A.M. – 75008 PARIS).

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