vendredi 5 septembre 2014

Brûle encore, même trop, même mal


Je lui parle de toi, de sa naissance et de notre rencontre, je lui parle de cette route qui semblait ne s'arrêter jamais et comme je la mettais au monde, sous les étoiles de décembre. Je lui dis l'amour, à cette enfant qui ne sait que sourire, et contre son coeur bat le mien, à tout rompre.

Aux lendemains de l'amour, que reste-t-il, oh, dites-le moi. Dites moi le vide puisqu'il m'effraie tant, et en creux, le velours d'un corps qui brûle le mien. Dites moi le souffle puisqu'il n'existe rien d'autre que celui-là contre mon oreille, dites moi la peur et dites moi le regard embué, oh, dites-le moi.

Avignon deux mille quatorze, dans la cour immense d'un palais ancien, le vent & le feu mêlés, les mots les mots les mots, d'accord d'accord, les podcasts de France Cul, la voix de Gallienne dans les matins endormis, l'enfant de trois ans blotti dans mes pleins et dans mes doutes, la maison de la Comtesse, le coca-les glaçons à dix-sept heures sous la pluie qui rythme comme un métronome les journées d'été ; quitter l'endroit aimé une main sur le volant l'autre sur le coeur et observer seule la danse fascinante des volutes de cette fumée bleue qui fuit vers l'inconnu.

Il n'y aura pas eu assez de Clowie, d'Etienne, de Cécile ou de Laure dans cet été grisant, il y aura eu Titou et des mots jetés trop vite trop fort comme toujours, il y aura eu des séparations et des retrouvailles, des espoirs secrets et des silences merveilleux, il y aura eu la jouissance dans les bras graves de mon amoureux, les escalators de Beaubourg, un verre de chardonnay en la plus belle des compagnies. Il existe quelque-part un jardin aux mille promesses où je lisais le Monde Diplo dans un matin brumeux, la rosée n'en finissait pas de parsemer le monde et mon corps se hérissait de froid et de joie, il y aura demain en forme d'inconnu, one more cup of coffee et peut-on espérer plus, après tout ?

PS : suite à la merveilleuse idée de Lucile, j'ai eu envie de vous le lire, ce texte.


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