lundi 10 février 2014

Why do birds suddenly appears everytime you are near

Monochrome by Yann Tiersen on Grooveshark


Il me dit ça va ma chérie ? il ajoute et toi Blanche, ça va ? avec le petit sosotement qui me rappelle comme il est minus, encore, mon garçon. Alors je dis oui, ça va, ça va mon tout beau et je n'ajoute pas que je me pose tant de questions et que ma vie semble comme en suspens, je n'ajoute pas que je suis parfois si fatiguée que je voudrais avoir vingt ans, quand je ne savais pas toutes les cartes que j'avais en main et cette folie douce à portée de vie, quand j'ignorais que je tenais le monde dans mon poing serré, je voudrais avoir vingt ans encore et faire l'amour avec tous ces garçons charmants, boire des bières et rire à gorge déployée ; je n'ajoute pas que je me sens parfois si seule avec mes angoisses ankylosantes.
Un soir, des amis que je connais depuis longtemps franchissent le pas de ma porte, s'installent un peu partout dans ma maison, trois mômes courent en tout sens, main dans la main et la petite dernière dort sereinement dans tout un tas de bras. Le monde peut bien s'arrêter de tourner puisque Blanche fait pétiller les visages de mes amis émus. Un soir, ma copine C. me rappelle qu'elle aussi (.) et mes doutes trouvent un écho dans son parcours ; je nous revois à dix-sept ans, comment imaginer, alors, que nous nous retrouverions dans la ville rose, face à ce qui nous semble des échecs mais qui, peut-être, sont en réalité des richesses ? Quand je vois ma fille dans ses bras, j'ai envie de rire et de pleurer tant ça me semble évident, et doux. Dans le salon, ça parle revenu de base, crème Budwig, manipulation médiatique tandis que la crépière tourne à plein régime ; dans la chambre de Camille, deux petites filles ont pris possession des jouets et mon bel enfant les regarde, éperdu d'admiration. Il répète je veux donner la main à celui-là et N. à peine plus âgée le prend dans ses bras, le soulève, le couvre de baisers ; alors il rougit de bonheur et je pouffe cachée derrière mes doigts. Très loin d'ici, au milieu des montagnes suisses, il y a mon ami Ivan, et comment ne pas repenser à cet appel un peu désespéré, après deux ans de silence Je viens de le quitter j'avais murmuré, des larmes dans la voix, donne moi ton adresse et ne bouge pas, j'arrive. Dans sa toute petite voiture qui roulait beaucoup trop vite, il me disait des mots de la vie, des mots qui me donnaient une envie furieuse de mordre et de crier, de me jeter à corps perdu dans l'amour et bon sang, comme j'avais fais l'amour cet été là, et avec quelle fougue je jouissais dans tous ces bras tendres !, la petite bagnole s'était arrêtée à P. et cette fois-ci, c'est aussi des crêpes qu'ils m'avaient préparé à l'improviste. Un dimanche soir, la petite voix de Camille me demande ça va, ma chérie ? ; il ajoute et toi Blanche, ça va ?, d'un geste enlace la tête minuscule de sa soeur Et toi, mon petit papa poulet, ça va ? Je dis oui ça va, ça va bien même et je n'ajoute rien parce qu'en fait, oui, ça va, ça va bien même.

2 commentaires:

  1. Ah la vie, folie douce amère. ... il a l'air bien tendre à aimer ton petit garçon.

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  2. Ils sont beaux tes mots... je reviendrai!

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