lundi 23 septembre 2013

Quand la vie est une branche / Chaque jour est une feuille

And the Boys by Angus & Julia Stone on Grooveshark



// Le bruit des petits pas potelés sur le plancher ; l'oeil entrouvert, et son sourire plein de malice dans l'entrebâillement de la porte / l'assiette bleue, celle des fromages, déposée sur la table des petits déjeuners / La vie est belle en talisman ; les paillettes odorantes sur les poignets, derrière les oreilles, dans le creux des seins au petit matin / le café de treize heures, le carré de chocolat d'après-déjeuner / le pot de crème épaisse dans ce restaurant de bord de mer qui nous voit grandir, chaque fois un peu plus / la pile de livres sur la table de bois brut / les déjeuners où se mêlent si fort les conversations qu'il devient impossible d'en suivre une ; ces tablées immenses d'amis, de rosé, de frangins, de rires ; ces visages vieillissants qui jalonnent notre vie et qu'on retrouve toujours toujours à déjeuner chez maman / le portail de la maison de la Comtesse ; la vue sur la chaîne des Puys au loin ; la cheminée si vieille qu'elle menace de s'écrouler / le coeur qui bat devant la bibliothèque de Sorrel / la musique chez les S. / l'odeur dans la maison de M. / le dahl mitonné avec soin par N., dès que nous lui rendons visite / le Monde Diplo chaque mois au courrier / L'odeur de Camille, cette odeur si spéciale d'enfant que je hume dans sa nuque dès qu'il passe à ma portée, comme une mère-louve / Les grands arbres du parc qui battent le rythme de l'année et des saisons qui passent / les to-do-lists à n'en plus finir, et qu'on ne raye jamais / la main tendre de mon fils sur le bouton de la radio ; et un peu de Fip à chaque retour à la maison / les lundi-yoga ; les mardi soirs-jazz manouche ; les pancakes du dimanche devant les Aristochats / la main de neuf ans de Clowie dans ma main de neuf ans, comme première image du matin sur mon macbook / les quelques minutes sur le banc, au milieu de ce parc tant aimé, à méditer sur la journée à venir après avoir déposé Camille à la crèche / nos pieds nus sur le bois, et qui tourbillonnent aux premières notes de notre chanson /les tickets estampillés Pompidou qui s'entassent dans mes poches ; l'endroit précieux où mes pas me mènent à chaque escapade parisienne / le p'tit texto du lundi ; des pensées pétillantes à mes copines pour débuter la semaine / mon incapacité à dépasser les deux rangs du tricot posé sur mes aiguilles depuis deux ans / les jolis prénoms soigneusement consignés dans un petit carnet / l'enfant d'amour, le nez collé à la fenêtre et qui devise joyeusement de la vie qui file / les mains chaudes de Vivien sur mon corps, le soir, lorsque la nuit tombe et qu'il me semble, pour un instant, pour un instant seulement, que le monde nous appartient.


Je répond à la jolie idée de rendez-vous de Zaza of Mars
sur le thème des petites habitudes ;
quelques moments de douceurs récurrents


1 commentaire: