mercredi 2 janvier 2013

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Sur un Trapèze by Alain Bashung on Grooveshark

Quand faut-il être fou
Que faut-il être encore ?

L'an nouveau a débuté dans la pénombre d'une chambre d'enfant ; dans la nuit, P. berçait Camille, qui sitôt dans ses bras, s'était apaisé, et tu. Les yeux de Vivien ne quittaient pas les miens, tandis qu'au delà de la fine cloison, nos amis s'écriaient et s'enlaçaient. Tout était à sa place en cet instant et c'était le plus fameux des commencements...

Auparavant, il y a eu tous ces chemins en direction du Vercors ; on s'est entassés dans la maison d'O., à cinq par chambre et dans la nuit, blottis sous nos couvertures on s'est chuchotés des morceaux de vie. J'ai retrouvé Pierre, que j'avais vu pour la dernière fois à Amsterdam, voilà trois ans. Aujourd'hui, nous sommes autres et nous sommes les mêmes. Les conversations se poursuivent et se croisent, la vie  nous égratigne et nous pousse, mais nous sommes toujours là, jour après jour, année après année et nous poursuivons tous le chemin de nos fragiles constructions, s'exister, les uns et les autres, les uns face aux autres, les uns avec les autres. Camille est venu agrandir la bande, de bras en bras, de genoux en genoux, de rires cristallins à rires graves, il creuse sa place et oh ! combien c'est tendre de le retrouver lové tout contre Max, et les deux profondément endormis. Des jours plus tard, tout le monde est reparti, Vivien fait chanter les verres à pied entre deux bulles de savon. La maison silencieuse renvoie un instant l'écho de ces instants qui grouillaient, qui fouguaient, qui vibraient, qui (oh, qui... !)

A Noël, dans la maison de la Comtesse, cette première nuit qui me fait chaque fois la même émotion, comme une première fois. Le temps s'etiiiiiire enfin et il y a une odeur tendre (de famille)(de vacances)(de jeux)(de feu de bois)(de vie)(de...

Un autre jour, nous chargeons notre clio de mille paquets, nous reprenons la route après de grands signes de bras à la famille, aux Bouseux, aux Elfes. Chez ma maman, on joue et on rit jusque tard dans la nuit. O. et F. sont là, et j'aime cette mixité, ce mélange des familles et des amis, cette tribu-là. Nous prenons la route de Toulouse un samedi ensoleillé. A l'autre bout de la France, une autre voiture tout aussi chargée rejoint la même direction. 

Je me souviens de ma tête qui vrillait, des mes yeux qui brûlaient et puis tout est flou, et la fièvre m'envahit, me restent des odeurs, des voix, des sensations, comme un fil-un-peu-sucré-un-peu-acide et ces images en vrac, Palmyre qui me fait couler un bain, les cocktails de Maxime, la fougasse que nous avons concoctée à quatre-mains, le sourire de Cerise si radieux et son duo de choc avec Vivien lorsqu'il s'agit de gagner au Time's up, l'enfant heureux au milieu de nos amis, le concours de bouffe, M., rentrée du Congo et toutes ces choses à se dire, les morceaux que K. me fait découvrir, B! et son crumble pommes-amandes,  et puis la fièvre, les nuits fébriles, le corps affaibli, leurs voix lointaines, les litres de thé au miel, Docteur J. qui me tutoie et son sourire, son sourire, quoi !, sa petite tape sur l'épaule, 

et ce qu'il reste de tout ça
[au creux d'un lit, mes amis, amoureusement enlacés, se murmurent leurs premières confidences]
[il y a des années, ce même jour, Vivien et moi, amoureusement enlacés, nous murmurions nos premières confidences]
[Les surprises de la vie, celles qui nous emportent, et 

On dirait que l'on soufflerait sur les braises, 
On dirait que les pirates nous assiègent, 
Et que notre amour c'est le trésor
On dirait qu'on serait toujours d'accord