mardi 11 décembre 2012

Paris des beaux enfants en allés dans la nuit

Meditation From Thais by Yo-Yo Ma on Grooveshark

Mes cheveux moussaient autour de mon visage rougi par le froid, je marchais sur un trottoir gris et je lisais une phrase de N. sur la nature, intentionnelle ou peut-être pas. Ensuite, il y a eu la guitare, là, qui a fait cette envolée soudaine, puis en moi une explosion brusque, et j'ai songé je suis, je suis, je suis et bon sang ! ô comme il est bon d'être, et de sentir que c'est juste, et que tout est à sa place ; deux rues plus loin marchait un ramoneur, un petit ramoneur de rien du tout de rien du tout, avec ses brosses et son bazar. Je me suis demandé si quelque part en Takicardie l'attendait une jolie bergère, s'ils prenaient la chance telle qu'elle vient en s'affirmant qu'un baiser, c'est d'la chance encore et si leurs pas les menaient sur des toits nocturnes ; peut-être auraient-ils la chance d'observer une cascade d'ambre perler du ciel, qui sait ? J'étais à Beaubourg - il n'y a nul endroit que j'aime à ce point - lorsque le soleil s'est couché dimanche soir, illuminant de mille ors la ville à ses pieds ; quelque part au fond de mes rêves, je traversais Paris sur un scooter, ivre de l'odeur d'un cuir, ivre de lumières, ivre de joie et une main pressait la mienne. Dans ce songe là, se dressait un grand mur rouge et ocre, un mur usé par le temps et qui pourtant, prenait toute la place... Oh, faut-il effeuiller les chimères ?
Il existe une réalité, moins envoûtante mais qui fait sens, un chocolat chaud dans un bol à mon nom ; des heures pour se découvrir et accepter les silences comme un cadeau, comme une complicité ; quelques noms célèbres sur le programme d'un colloque et des mots résolus, des choix actés, une forme de vocation, une proposition aux conséquences fameuses, un ruban de souvenirs au coeur d'un voyage et Ah ! Paris quand tu es debout, Moi je t'aime encore...