vendredi 21 décembre 2012

Au creux du souvenir

Trois Petites Notes De Musique by Yves Montand on Grooveshark

Toi, tu voulais oublier
Un p'tit air galvaudé
Dans les rues de l'été
La la la la la Toi
Tu n'oublieras jamais
Une rue un été
Une fille qui fredonnait


samedi 15 décembre 2012

Ultimo bacio

La vita e bella by Nicola Piovani on Grooveshark


Comme je le lui avais promis, j'ai écris l'histoire de ma rencontre avec E., ce joli conte d'hiver qui allume encore quelques paillettes dans mes yeux quand je l'évoque ; j'ai tenté mille fois de le lui envoyer mais je n'ai jamais pu appuyer sur la touche blanche de mon macbook. Il y a tant de choses que j'aimerais lui dire, et ce qu'il a ouvert en moi, et ce souvenir gai que je garde au chaud pour passer l'hiver, et ses yeux qui riaient, et comme j'étais émue, et ce spectacle qui lui plairait sans doute, et ce que demain promet ; et tant encore. Les mots me fuient à l'instant où je tente de les lui écrire ;

Je me suis assise dos au radiateur, bercée par la chaleur, j'ai clos les paupières et j'ai dis n'oublie pas la cannelle, surtout ! mais l'a-t-il déjà oubliée ? A chaque gorgée, la saveur du chocolat brûlant et celle des épices se mêlent en une symphonie délicieuse, j'ai l'impression d'avoir vingt ans dans le salon d'O., dos au radiateur déjà, et je le regarde jongler en m'étirant paresseusement.

A cet instant, la chanson, Vivien sourit, je sais exactement ses pensées... et je ris, maintenant de cette complicité, oh bon sang ! continue de me prendre dans tes bras et de me faire valser pieds nus dans notre cuisine de minuit, mon amour, si tu savais comme je t'aime et comme la vie est tendre lorsque ton corps se presse contre le mien et m'étourdit ainsi.

Dans le pâle soleil de décembre, Camille observe les passants pressés, des colis plein les bras, le pas rapide et la démarche guindée, et puis les amoureux se bécotant sous les illuminations, et puis les enfants heureux, et puis la boulangère qui répète inlassablement le même trajet, et puis le souffle des chaudières dans la rue glacée, et puis et puis et puis la vie qui va... Nous avons tendu l'oreille. Le réparateur de mélodies en bas de chez nous jouait du saxophone. Alors nous nous sommes tus et nous l'avons écouté, blottis dans les bras l'un de l'autre. Sa petite main pressait ma grande main à chaque trille, à chaque envolée, j'entendais son rire dans sa poitrine, comme c'était doux.

J'ai fermé les yeux très fort pour m'imprégner de ce moment de grâce et je me suis dis que vraiment, la chose qui me réussit le mieux dans la vie, c'est attraper les instants d'éternité. J'ai fouillé dans les rayonnages de ma bibliothèque, la fameuse, dont tout le monde me parle sans cesse et j'ai trouvé ce que je cherchais, un vieil exemplaire de La première gorgée de bière, et autres plaisirs minuscules. J'ai traversé la pièce, mon trésor a la main, tournant les pages, me souvenant de telle phrase ou tel mot qui, déjà à ma précédente lecture m'avaient enchantée, et je suis allée le poser près du lit de Camille, comme nouveau livre de chevet.

vendredi 14 décembre 2012

Tous les rêves du monde

by your side by Coco Rosie on Grooveshark



Et quand la communion est finie, ma lèvre sur ta lèvre
Qui vient voler cette
dernière goutte de lait
qui roule

mardi 11 décembre 2012

Paris des beaux enfants en allés dans la nuit

Meditation From Thais by Yo-Yo Ma on Grooveshark

Mes cheveux moussaient autour de mon visage rougi par le froid, je marchais sur un trottoir gris et je lisais une phrase de N. sur la nature, intentionnelle ou peut-être pas. Ensuite, il y a eu la guitare, là, qui a fait cette envolée soudaine, puis en moi une explosion brusque, et j'ai songé je suis, je suis, je suis et bon sang ! ô comme il est bon d'être, et de sentir que c'est juste, et que tout est à sa place ; deux rues plus loin marchait un ramoneur, un petit ramoneur de rien du tout de rien du tout, avec ses brosses et son bazar. Je me suis demandé si quelque part en Takicardie l'attendait une jolie bergère, s'ils prenaient la chance telle qu'elle vient en s'affirmant qu'un baiser, c'est d'la chance encore et si leurs pas les menaient sur des toits nocturnes ; peut-être auraient-ils la chance d'observer une cascade d'ambre perler du ciel, qui sait ? J'étais à Beaubourg - il n'y a nul endroit que j'aime à ce point - lorsque le soleil s'est couché dimanche soir, illuminant de mille ors la ville à ses pieds ; quelque part au fond de mes rêves, je traversais Paris sur un scooter, ivre de l'odeur d'un cuir, ivre de lumières, ivre de joie et une main pressait la mienne. Dans ce songe là, se dressait un grand mur rouge et ocre, un mur usé par le temps et qui pourtant, prenait toute la place... Oh, faut-il effeuiller les chimères ?
Il existe une réalité, moins envoûtante mais qui fait sens, un chocolat chaud dans un bol à mon nom ; des heures pour se découvrir et accepter les silences comme un cadeau, comme une complicité ; quelques noms célèbres sur le programme d'un colloque et des mots résolus, des choix actés, une forme de vocation, une proposition aux conséquences fameuses, un ruban de souvenirs au coeur d'un voyage et Ah ! Paris quand tu es debout, Moi je t'aime encore... 

mercredi 5 décembre 2012

peut-être celle-là, première à éclairer la nuit

New York, New York "Theme" by Carey Mulligan;Liz Caplan on Grooveshark

Il m'a dit de me souvenir de ce moment, de le raconter ici. Il m'a dit que dans quelques années, il y aurait quelque chose d'amusant à relire tout ça, une drôle de mise en abyme. Je ne sais quelles traces resteront de ce bar là où j'ai campé chaque soir de mes dix-sept ans, de ces tableaux, de ces tables de billard, de cette chanson de clôture, de chaque fragment d'hier resté en place comme par miracle. J'ignore si mes émotions seront encore palpables à travers le papier ou l'écran de mon ordinateur ; mais je n'oublierais jamais son visage, ses mots, je n'oublierais jamais cette soirée ensemble, comme aucune de celles que nous avons passées ; je n'oublierais jamais ce porté magnifique lors d'un rock endiablé, je n'oublierais jamais le tourbillon-tourbillon-tourbillon et sa voix qui rit en me disant stop. Je n'oublierais pas les tec paf, les bêtises de Max, Vivien qui danse, leurs bras autour de moi et mon corps qui brûle de les enlacer, puisque je les aime tant. Je n'oublierais rien de nos discussions, aucun de nos désaccords. Nous avons échangé les premiers mots de notre amitié dans cette ville-ci, voilà des années ; et si dans dix ans j'ai oublié ce que ça m'a fait de remettre les pieds au Charlie's beer si longtemps après, je sourirais probablement au souvenir de Max m'y racontant encore un peu la vie. Et ce sera, incontestablement, un présent précieux.