lundi 26 novembre 2012

Parce qu'un malheureux brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé

Gracias A La Vida (Live) by Joan Baez on Grooveshark

Après avoir enfanté, après avoir nourri mon fils à mon sein, après avoir quêté dans les rues de Barcelone la femme en moi, après avoir pleuré de plaisir dans des bras d'homme, après avoir dansé pieds nus par une nuit brûlante, après avoir appris chaque courbure de mon corps, après

Le souvenir douloureux de mon dernier séjour espagnol s'estompe. Dans mon ventre, grandit une lune basse, et rouge ; une béance, une faille, la petite douleur du corps qui s'amollit et se détend, qui ne répond à rien d'autre que son besoin de repos ; Voici venu le temps du renouveau.

Je cherche dans les yeux des hommes et des femmes, dans les mouvements de leurs mains, dans l'effluve qui se dégage d'une masse de cheveux soyeuse, dans une nuque offerte à la morsure, dans un sein tendre, dans une main au creux de reins, dans une cambrure, dans un rire, dans une attitude, je cherche la sensualité, les prémices à l'amour ; sur un cahier neuf, je gratte les pages au son des voix qui me narrent leurs histoires ; 

La voilà, la quête de ce qui unit les êtres, ce qui les réunit et leur donne l'envie de se frôler, de se murmurer, de se toucher, de se rire, de se cambrer, de se donner, de se mordre, de se caresser, ce qui invente en eux l'envie furieuse ou le désir tendre ; et qu'est-ce qui t'émeut, toi ? Et qu'est-ce qui te fait vibrer ? Je te fais un thé, on s’assoit un petit moment et tu me racontes ?