lundi 12 novembre 2012

L'or sur le ventre des mouettes

Betty et Zorg by Gabriel Yared on Grooveshark

Au fil de mon périple,

[il y avait l'or sur le ventre des mouettes, et les yeux au large. Le bras de Max sous le mien, la sensation de plénitude ; et les mojitos à la fraise]

Le rythme de  la musique,
Le corps rompu, 
Les bras, les jambes parsemés de bleus,

[il y avait la chaleur électrisante d'un homme sur moi, son désir contre mon ventre, ses lèvres sur ma peau ; et l'étincelle qui embrase la nuit]

L'avion, les pensées brumeuses, le petit livre offert par Madelon,
le souvenir doux-amer,
les questions sans réponses

[il y avait, au cœur d'une nuit sans lune, la main apaisante d'un homme aux cheveux blancs, il me parlait de Foucault ; et ses grandes jambes qui quittent la chambre bleue, disparaissent sans prévenir dans les rues de Paris]

Le bouquin oublié dans la poche d'Orcrawn
Les heures dans la voiture, les rencontres de la route, le Chiffon Rouge,
Et toi, le syndicaliste si pris par sa cause, 
Et toi avec qui nous avons évoqué Mermet, Halimi et Harmony
avec qui nous avons lu des extraits du Diplo
et toi, dis, sais-tu combien nos conversations m'ont remuée ?

[il y avait un nid tendre posé entre deux montagnes, et dans lequel les conversations naissaient sans qu'on le leur demande ; et sa voix, tout au bout de la pièce qui dit Jouis, Jouis et mes doigts qui quêtent sans relâche mon plaisir. Dans le silence, mes cris soudains]

Le train qui serpente entre les vallées, le lac Léman qui miroite,
Mes sauts de cabris dans la montagne du Salève, 
Rouler à n'en plus finir dans l'herbe à peine rousse et pleurer de rire,
Improviser un train sur un tronçon de bois et inviter I. à prendre place
Tu sais, mes larmes sont gaies, souvent.

[il y avait cet ami si ancien et si différent de moi, les liens que l'on tisse ensemble ; et qui nous rapprochent, petit pas à petit pas, depuis des années]

Le rire de Camille dans la nuit toulousaine, ses petits bras 
et ses Maman dans mon cou
Le corps de Vivien, la chaleur de Vivien, l'étreinte de Vivien
La marque des copines, passées en mon absence, dans l'appartement,
Le dernier livre de Djian, et Par dessus le bord du monde de Tim Winton
Le cable tendu entre deux arbres ; jouer l'équilibriste, sur un rythme précaire.

[il y avait la décision, et le tournant dans ma vie. La nuque raide, les yeux clos, les mains calleuses, la certitude d'avoir fait, pour une fois, un choix éclairé et heureux]

Vivien qui m'enlace, qui m'embrasse, et qui valse ; des mots entre deux tourbillons, et cette vision,
- Tu es une nomade de la vie, tu n'es pas faite pour le sédentarisme,
Et il sera mon île et mon repère, et ses bras seront ma maison 
et tout aura du sens puisque, partout-à-chaque-instant, je saurais qu'il existe,
mon bel Amour, mon grand Amour ;

[il y avait les mots de Brel dans ce spectacle en Avignon/dans ce film vu et revu ; les mots que je me répète en boucle ; et j'y trouve la pulsation de vie]

Une île
Voici qu'une île est en partance
Et qui sommeillait en nos yeux
Depuis les portes de l'enfance
Voici venu le temps de vivre
Voici venu le temps d'aimer.


[il y avait le saxo en creux dans la chanson - tu l'entends ? - ; et dans l'atelier sous notre perchoir ; le saxo entre les mains de Vivien & dans les miennes il y a fort longtemps ; le saxo en capsules de bière découvert par Clowie à Bogotá et toujours, toujours le saxo ]