samedi 8 septembre 2012

et sauter dans les vagues

Piece of My Heart by Janis Joplin on Grooveshark

Oh si tu savais ! Vivre, et jouir ; être contemplative ; faire du vélo, et puis bouquiner et sentir, dans le ciel, l'odeur de l'immensité ; embrasser mon enfant dans les plis de son cou, là où l'odeur se transmet ;  m'observer dans le miroir de la salle de bain et répéter Marie, Marie, Ma-rie, Maaaaa-riiiiie en me regardant dans les yeux. Me trouver bête mais bêêêête, éclater de rire, finir sanglotante sous le regard stupéfait de mon amoureux ; apprendre la couture, le tricot et me glisser dans les rouges fauteuils des salles de cinéma ; préparer une pâte en énumérant toutes les tartes qu'elle pourrait devenir ; rêver à  hier, à demain, jouer à qui-je-serais et dire un coup Prévert et un coup Joplin ; yeux mi-clos, sur le lit-dans-mon-salon écouter un chouette morceau, le saxophoniste et le pianiste de l'atelier du rez-de-chaussée ou juste la rumeur de la ville qui enfle et bourdonne jusqu'à mes fenêtres ; jouer trèèès tard avec mes amis à toutes sortes de jeux et avec eux, fumer de l'herbe, boire de la bière, refaire le monde ; aller marcher dans la montagne, finir la balade é-pui-sée mais emplie de satisfaction, avec le souvenir des bouquetins parmi les edelweiss ; rêver d'une maison à plein et en attendant, mettre toute mon énergie au service d'une médiation de la culture ; attendre le bruit du rideau de fer de la librairie musicale qui couiiiine à 10h30 tout pile le matin et à 19h-sans-faute le soir ; croquer le quignon de la baguette de pain et passer ma langue sur mes lèvres farineuses ; danser ; danser nue ; vibrer ; sauter dans les vagues ; crier de surprise au contact de l'eau, un peu froide ; crier de plaisir sous des mains d'homme ; crier de joie devant la vie qui s'offre ; crier d'amour, à la face du monde ; crier pour vivre ; et vivre ; et vibrer, fort fort fort.