mardi 31 juillet 2012

love was made for me and you

L.O.V.E. by Frank Sinatra on Grooveshark

 Dans une minuscule salle d'une toute petite rue pavée d'Avignon, on a improvisé un club de jazz éphémère ; quelques banquettes font face à un piano, une magnifique contrebasse et une batterie. Au centre, trône un de ces fameux micro shure qui font la marque des fifties, et derrière chaque instrument, un visage rieur de joli garçon et des mains dont l'agilité n'a pas d'égale. Il y a également cette chanteuse toute jeune dont la voix manque un peu de cachet mais certainement pas de joliesse ; 

D'un théâtre à l'autre, on change de lieu et d'époque, on change de registre mais toujours nous porte cette allégresse que je retrouve d'année en année entre les murs de cette ville aux mille promesses
Mes pas prennent de nouveau le chemin de ces promenades nocturnes qui me sont chères, j'aperçois les photographes d'affiche silencieux, ceux qui marchent à pas de velours quand l'effervescence retombe un peu, je m'émeus des rires au coin des rues, des ribambelles de posters cartonnés qui forment une interminable guirlande d'un porche à l'autre, de ces portes qui s'entr'ouvrent sur des soirées mystérieuses et puis cette main tendue, tu viens avec nous ? 

Mais je ne viens pas, cette fois, je regagne doucement la maison, place Pasteur, où les souffles de mes chers endormis se croisent ; et aux respirations familières de Vivien et Camille s'ajoutent désormais celles de Zou, d'O. et de S.

Je tourne la clef silencieusement et m'imprègne de la quiétude de ce lieu que nous avons fais notre ; sur la petite console de l'entrée, j'aperçois mon chapeau à tournesols, celui là même qui passe d'une tête à l'autre et finit immanquablement sur la frimousse rieuse de Camille ; je pense soudain qu'il y a du soleil, dans ce couvre-chef et qu'il n'y a plus beau symbole qu'un galurin fleuri pour cette vie faite de petits bonheurs ; alors j'ai envie de les réveiller tous pour les embrasser, les enlacer, les entraîner dans une farandole sans fin ; j'ai envie qu'elle dure éternellement cette semaine, envie d'autres déjeuners sur l'herbe avec La Ptite Graine Folle et son bambin d'amour ; envie de regarder les petits pieds de Simon contre les grands pieds de Camille et la main de notre fils qui caresse les cheveux du nourrisson avec cette délicatesse qui le caractérise ; envie de mille dîners pendant lesquels nos conversations prennent un tour plus confidentiel ; envie que ne cessent plus les larmes dans mes yeux pour ce crumble superbe surmonté de bougies et pour ces petits cadeaux exquis ; envie de retourner voir ce Cyrano grimé, cette version clownesque qui habille de poésie et de tendresse ce texte qui en est déjà si plein ; envie de bières fraîches et de projets d'avenir place des Carmes ; envie des étreintes chaudes et silencieuses, du corps de Vivien qui bouge en moi ; envie que le temps s'arrête, là, pour profiter encore et encore de ces jours délectables et quand sera venue l'heure des adieux, leur murmurer combien c'était doux ; peut-être parce que la voix suave de Nat King Cole nous interpelle and don't you know that love was made for me and youuuu ... !