jeudi 19 juillet 2012

Ils ont toujours le sac sur le dos

Symphony no.3 in F major op.90, Poco Allegretto by Philharmonia Polonica-Karl Prisner on Grooveshark

Les bras en croix, les yeux perdus dans l'immensité bleue du ciel, je me laisse dériver au gré des courants. Le soleil dore ma peau offerte. Coupée du monde, réfugiée en moi-même, il ne reste de la réalité que le grésillement familier des cigales, le chatoiement de la lumière qui sautille en bonds gracieux sur l'eau verte, composant une danse délicieuse. Au-loin, le bruit des voix aimées, les garçonschéris, les amisfavoris crient mon nom mais je n'entend pas, perdue en ce moment d'infinie sérénité ; l'eau fraîche et mes songes qui me portent. Dans le creux des rêves, il y a ce corps blanc, potelé, ce petit corps d'enfant dans ses couches à motifs et tous ces regards d'amour sur lui ; ces paroles murmurées dans l'air sucré du soir tombant, ces souvenirs qu'on évoque et ces choses qu'on ne s'était jamais dites ; ces bras musclés et cette odeur d'homme qui m'accueillent le temps d'une étreinte tout en pudeur, un rien de sourire qui reste accroché aux lèvres ; cette herbe âcre qui passe de main en main et ces bières qu'on décapsule d'un geste vif ; il y a ces frangins, ces amis, ceux de toujours, ceux d'hier, ceux d'aujourd'hui et qui s'intègrent délicatement dans le puzzle de nos vies. Dans cette Tribu qui se choisit et se renouvelle, les portes sont grand ouvertes et l'on cuisine en groupe des plats succulents. Nos existences embaument d'odeurs et de saveurs ; nous jouons jusqu'à des heures indues ; pagayons gaiement sur les rivières ; randonnons au milieu des pins et prolongeons, à chaque retrouvailles, cette conversation discontinue mais savamment entretenue.

Oh comme il est doux de les voir tous là, autour de soi.
Oh, comme il est bon de chanter à plein poumons les vieilles rengaines ;
Oh, comme il est tendre de les voir se rencontrer, se mêler et s'apprécier ;
Oh, les plaisanteries ;
Oh, les rires à gorge déployée ;
Oh, les tartes aux poires ;
Oh, les corps qui s'alanguissent sous la chaleur, qui se frôlent et s'échappent ;
Oh, les embrassades et les promesses de se revoir, bientôt, sous un ciel ou un autre ;
Oh, la vie qui va fort et le coeur qui bat en rythme...