vendredi 6 juillet 2012

et dans mon rêve je crois que le ciel s'ouvre

The Killing Moon by Nouvelle Vague on Grooveshark

Le corps tendu, appelant ; le corps qui réclame : une autre peau, un soupir dans la nuque, une voix murmurant, le souffle coupé à l'instant où se mêlent l'une en l'autre les chairs contractées, et le coeur qui remonte, et qui cogne-boum-boum-à-en-exploser et trembler de chaque membre. L'orage menaçant, le ciel lourd et gorgé d'eau, vie électrique, nervosité. Ambiance.

L'éclair brusque et la tension relâchée, les gouttes, frileuses d'abord, colossales ensuite ; le vêtement de coton sur ma peau qui frotte la peau rêche, burinée par le soleil et cette envie de frais, de mousson, d'aller me jeter à corps perdu dans la tempête.

Pieds nus sous la pluie, esquisser quelques pas de danse ; le ventre s'amollit, les épaules se dénouent, les pieds tapent-tapent-tapent le sol détrempé et ce cri de bonheur à chaque nouvel éclair de lumière, visage offert aux éléments déchaînés, et sentir monter en moi la sève de vie.

Au creux de la nuit, les pleurs de l'enfant-malade, la mère-louve le glisse auprès d'elle, corps chaud contre corps chaud et chante une mélopée sans queue ni tête, et baise les larmes de douleur, et caresse les cheveux humides de sueur. L'orage tonne encore, mère et fils enlacés devant la baie vitrée regardent le combat nocturne, le feu du ciel et l'eau par torrents. Dans cette faille du temps, un lait tiède adoucit la petite gorge douloureuse, mon corps se creuse pour mieux accueillir Camille, pour l'envelopper, le consoler et son crâne duveteux dodeline tandis que ses yeux se ferment tout-dou-ce-ment, rendant à la nuit son mystère inéluctable.