samedi 23 juin 2012

dans la nuit sucrée, à un piano accoudé

Rising by Lhasa on Grooveshark

La nuit est sucrée ce dernier jour de juillet et la quiétude retombe lentement sur Avignon. Dernière scène, derniers éclats et dans cette ruelle pavée trône un piano, vestige improbable du festival qui s'achève...  Je porte un tournesol à mon chapeau et il me semble qu'aux heures les plus obscures, ma fleur appelle un soleil flamboyant...alors, cet inconnu et son sourire, quelques mots échangés, on s'accoude à l'instrument et trouvons tant à nous dire que nous ne cessons plus de parler ; nous suivons la foule jusqu'à ce petit bar improvisé, quatre planches de bois autour d'un grand arbre et l'ivresse nous emmène plus loin dans la confidence ; outre le théâtre, la littérature, nous nous découvrons en commun cet amour des autres, une envie d'ouvrir grands les bras, une écoute, un rire là, au creux de la poitrine qui ne demande qu'à sortir et exploser en cascade ; les heures s'écoulent, nous reprenons notre marche nocturne, et dans la promenade, nos mains se frôlent puis se fuient. Oh, cette péniche qui nous emporte, quelques coussins de-ci delà, nos mains nerveuses, nos visages proches, nos paroles murmurées, son souffle sur mon visage, léger et tendre, et ce baiser volé ; la sensation que le temps s'arrête pour nous offrir, dans la plus belle nuit d'Avignon, un supplément d'allégresse.