mardi 8 mai 2012

Here come the sun




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Il y a deux fois neuf mois les oiseaux chantaient ; à la faveur d'une nuit d'amour tu as commencé à exister.

Il y a neuf mois, ton papa et moi avons pris la route dans la nuit et nous savions que tout au bout, tout au bout du chemin, nous te rencontrerions. Oh Camille, il n'y a pas de mots assez forts pour raconter cette nuit là et toute l'intensité dans cette chambre d'hôpital où nous travaillions, toi et moi, à te faire naître... pas plus de mots pour dire le calme soudain, après des heures d'agitation. Je me souviens avoir murmuré à ton papa que les oiseaux chantaient, et déjà c'était le matin. Par la fenêtre ouverte, les quelques notes d'une fanfare se mêlaient aux trilles des oiseaux ; dans le jardin, du lilas. Tu es né, mon amour, et tu as miaulé ; je crois que nos mains tremblent encore et que le battement de nos cœurs a pris une pulsation nouvelle tant ce petit bruit là nous a bouleversés.

Hier, tu as posé tes menottes potelées sur l'assise de notre canapé, tu as poussé, basculé ton bassin et tu t'es tenu droit, debout, seul, un peu hésitant peut-être mais ton sourire alors en disait long sur ta fierté et ton envie de découvrir le monde. Hier, tu es né de moi une seconde fois moins littérale sans doute mais ô combien symbolique ; j'ai observé tes mouvements gracieux, ta bouille concentrée, ton petit nez plissé et je me suis dit que tu n'étais définitivement plus le nourrisson que j'avais porté à mon sein, un matin ensoleillé de mai. Je t'ai porté en moi durant les neuf premiers mois, ton papa et moi t'avons porté contre nous les neuf suivants... il nous aura au moins fallu tout ce temps pour prendre réellement conscience de la tempête merveilleuse qui a inondé nos vies un beau matin et qui se transforme depuis, de jour en jour, en océan. Parfois agité, parfois plus calme ; mais toujours présente, cette lumière, là, dans ton rire, dans tes gestes, dans ta personnalité qui se construit.