samedi 7 avril 2012

Quelle heure est-il quand elle accroche son sourire à mes yeux ?

Quelle heure est-il ? by Aldebert on Grooveshark

Quelle heure est-il quand elle accroche son sourire à mes yeux ?
Quelle heure est-il quand elle approche, ne fait qu'un de nous deux ?


Hier encore nous coupions les réveils et laissions nos montres au placard, vivions au rythme de nos envies ; des œufs coques de minuit ; des siestes réinventées ; ma tête posée sur ton ventre et chacun un livre à la main ; des voyages improvisés ; nos peaux qui se touchent, inlassablement ; et nos verbes qui se croisent, en de délicieuses joutes, nos échanges de mots tendres, nos découvertes passionnées de l'autre ; le monde nous guidait et nous nous laissions porter, semblables à ces fragiles embarcations de papier dans les ruisseaux d'enfants ;

Hier encore, nous avions la vie devant nous, et mes études, et ta thèse, et ce qu'ils en pensaient tous n'avaient que si peu d'importance ; nous nous racontions des lendemain heureux, avec une tripotée d'enfants et des chansons ; point d'horaires ou de contraintes, le ciel était bleu d'avenir ; ta main chaude autour de la mienne et dans les lignes de ma paume, il existait tous les possibles ;

Hier encore, nous avons envolé la raison ; mon ventre a dessiné une courbe parfaite dans laquelle riait Camille ; et nous n'avions que faire des sabliers ; nous savions regarder, alors, sur ce quai de gare enneigé où nous créions des chemins de pieds et dans cette maison qui arrête le temps, ne laissant de place qu'à la vie.

Quand avons-nous recommencé à compter les heures, à courir après les trains ? Quand ai-je raccroché ma montre à mon poignet ? Quand avons-nous pris conscience que les instants nous échappaient aussi vite qu'ils étaient venus ?

Oh, Vivien ! J'impatiente de quitter cet endroit qui mange le temps et je me prends à rêver à des collines de vignes, à une grande maison de pierres et de poutres, à l'odeur de la terre humide ; j'espère, oh si fort ! le moment où nous retrouverons la sérénité d'une existence plus lente, bercés par la lumière du sud si accueillante et qui chaque soir, allonge les heures.


Un grand câlin à Zou,
qui m'a offert la découverte de ces artistes
et aussi à O. et à S.
Et comme vous savez si bien les respecter,
Les p'tits instants de bonheur,
Qui passent et puis qui meurent
Je ne doute pas que vous sachiez aussi
Prendre le temps d'arriver.
Heureuse vie à trois, les copains ♡