vendredi 3 février 2012

Il faudrait essayer d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple

Berceuse by June & Lula on Grooveshark


Il y a ce moment quand je berce mon enfant où nous passons tous les deux de l'autre côté et je prends soudainement conscience que je ne sais plus depuis quand nous chantons à l'unissons, dans un demi sommeil, depuis quand mes pieds rythment la cadence lente, alors je me tais un instant et j'écoute Camille psalmodier sa chanson du sommeil en songeant combien précieux sont ces instants ! ; cet après-midi, Vivien et moi avons séché -lui sa thèse, moi ma séance de cinéma- et volé quelques heures de sommeil supplémentaires. Blottis l'un contre l'autre dans le grand lit bleuocéan nous avons plongé dans un sommeil profond. C'était doux, c'était tendre, et nous sommes repartis d'un bon pied, prêts à affronter les nuits entrecoupées ; plus tard, alors que c'était notre fils qui dormait, nous avons parlé de la douceur des corps nus qui se touchent, de l'intimité intense qui nous lie, de cette complicité si forte, si forte que nous partageons et tandis que nous parlions, exprimant nos pensées fugaces, nos corps se sont rapprochés et nous nous sommes mis à faire l'amour, presqu'à l'improviste, presque surpris de ce désir soudain. Et la chaleur de nos corps à l'unisson, la poésie de nos phrases, la profondeur de nos réflexions en une inextricable mêlée m'ont émue.

Les garçons ont rejoint la chambre familiale. Dans le creux de la nuit, je résiste, une tasse de tisane brûlante à la main, une série de courts-métrages de la nouvelle vague du cinéma arabe pour distraction. J'aime ces moments de solitude, ces instants de calme avant le renouveau de la vie familiale, ces moments où je ne suis plus la mère, l'épouse, l'amante, l'amie ou l'étudiante, ces moments où j'affine mes goûts... Encore quelques minutes pour prolonger cette journée, encore une tasse de tisane, je relis la recette de cet appétissant cheesecake framboise chocolat blanc que nous avons prévu de faire goûter à nos amis, dimanche, à l'heure du thé.

Par la fenêtre j'observe l'hiver qui fait rage, les feuilles d'or tombées à l'automne dansent sur la petite mare givrée et je me dis que cette année, février offre mille promesses ;