mardi 17 janvier 2012

Une valise pleine de chansons

Almarita by La Rue Kétanou on Grooveshark

Tu te souviens, la dernière fois ? nous étions avec Titou, lequel d'entre nous avait reçu un sms nous annonçant ce concert ? ma mémoire me fait défaut mais je ris encore en pensant à cette décisions hâtive "ce soir ? et bien on y va, on verra bien sur place si on peut entrer ! Il ne sera pas dit que nous avons raté un concert de la Rue Ketanou", à notre folle épopée dans la clio verte, vieille compagne qui nous escorte fidèlement dans nos si nombreux voyages, je me souviens des heures d'attente devant la salle des fêtes de Massy pour être sûrs d'obtenir des billets, de ce jeu de cartes que mon frère a toujours en poche et de ces autres amoureux de musique, arrivés les uns après les autres et qui se joignaient à nos jeux et à nos chansons. Je me souviens de cette salle immense, de ces vêtements qui dansaient sur des fils au dessus de nos têtes, je me souviens de nos corps ondulant en rythme, de nos yeux émerveillés, je me souviens de ces chansons, celles que nous connaissons par cœur, tu te souviens, toi, mon amour ?

La musique c'est elle...

Ce soir là, il y avait un couple enlacé et elle portait très en avant un ventre bien rond qu'il caressait. Elle avait de beaux cheveux, très longs et très blonds et j'ai pensé, un instant, qu'un jour tes mains se promèneraient autour de mon nombril, qu'un jour nous aussi, nous aurions un petit à qui chanter ces chansons qui nous émeuvent... c'était un rêve un peu fou, une pensée vague, un désir lointain. Un jour... nous n'étions pas pressés, il y avait tant à vivre en attendant !

Et la fête fait son entrée...


Quelques mois plus tard nous étions dans les paysages incroyables du Vercors, c'était le mariage de ma cousine et toute ma tribu réunie : Titou bien sûr, mais Étienne aussi, et Cécile et Laure. C'était bon d'être ensemble, c'est si rare ! alors quand au petit matin, nous avons découvert tremblants la barre bleue sur le test de grossesse, ni une ni deux j'ai branché mon iPod sur ce morceau nous avons couru après Titou en partance pour Bruxelles et lui avons collé le refrain dans l'oreille et nous chantions, nous aussi "on va être tontons, on va être tontons"...


Lui n'a rien compris, tu te rappelles comme on a ri de son étonnement, de notre grande nouvelle ? tout émus et tout épatés de la chose, presqu'on demandait à mon ventre s'il était bien sûr, on regardait le test toutes les trois minutes et on répétait "Tu crois qu'il n'a pas changé d'avis ?"


Comme les petits partaient un peu plus tard, nous sommes montés les voir, dans la chambrette qu'ils occupaient et nous avons relancé la chanson ; c'est Étienne qui a compris le premier, et partager l'émotion, partager la grande vague de joie qui nous a pris, tous, dans cette chambrette et les projets qu'on faisait et les promesses de belles choses qu'il connaitrait, ce bébé, c'est impossible... puis Titou a téléphoné de la voiture, tout chamboulé et s'est joint à notre allégresse.


Et que ton cœur vole au vent, ton âme en caravane...


Ce soir, ils jouaient pour les restaus du Cœur et en parlant de cœurs, ils étaient bien accrochés les nôtres, alors que nous valsions inlassablement, que nous tourbillonnions dans les bras l'un de l'autre en se remémorant tous ces souvenirs enchanteurs et en se chuchotant des "Tu te souviens, mon amour ?"


Voilà, c'est eux et c'est nous ; ce sont ces chansons qui nous transportent, ces souvenirs qui s'impriment à l'encre des rêves, ce sont ces espoirs, ces causes qu'ils embrassent et cette sensation, à chaque fois, d'être vivants, oh si vivants !