vendredi 19 juin 2015

Et chaque fois que je l'entends c'est le printemps

Clowie, Clowie, ma petite soeur des tendres hiers, ah ma belle amie,

Je voudrais te dire les soirées sur la terrasse avec du rhum arrangé que j'ai ramené de Paris, les petits lampions qui éclairent faiblement nos espoirs et la vie qui se raconte entre deux bouffées de tabac blond ; je voudrais te dire le linge qui sèche dans le soleil et si mes collines ont une odeur je suis persuadée qu'il en prend l'arôme et la saveur, que c'est un petit supplément d'âme lorsque le tissu s'empare de nos peaux à l'aube ; je voudrais te dire les lettres que j'écris pour être acceptée dans cette formation, étape indispensable à ce projet fou fou, qui parle de voix et de paroles et qui sera - sans doute - la clé de beaucoup de choses. Je voudrais te dire l'écriture, les envies et tout ce qui s'ensuit et qui fait sens. Je voudrais te dire le salon blanc où je me rend deux fois par mois et je finis invariablement par m'effondrer en sanglots avant de ressortir légère d'avoir lâché tant de lest et heureuse de m'être emplie d'amour. Je voudrais te dire ce qui se dénoue, ce que ça dit de moi, ce que je suis et la place que j'essaie tant bien que mal de prendre. Je voudrais te dire ce petit travail de rédaction que j'ai trouvé près de chez moi et qui me permet mille rencontres (au moins !) et un peu d'argent. Je voudrais te dire O. près de moi sur le canapé, au coude à coude à emplir des grilles de mots fléchés. Je voudrais te dire CETTE FOUTUE INCAPACITE A PLACER LES VIRGULES DANS UN TEXTE (coucou Philippe). Je voudrais te dire ton filleul qui grandit et qui nous ébahit par sa finesse et sa vivacité, sa gentillesse et son rire beau, son aisance sur le vélo rouge et sa capacité folle à se faire des petits potes partout et tout le temps. Il chante le Déserteur et La petite fugue, tu sais, c'est pas fou, ça ? Je voudrais te dire sa soeur qui ne sait que courir, sa soeur plus libre que le vent dont les cheveux d'or brillent dans le soleil de juin, cette petite Blanche née au creux de l'hiver et qui ne sait qu'être aimée tant elle vibre, malgré ce petit caractère de cochon bon sang de bois (les chiens ne font pas des chats dit mon papa et tiens, je veux bien le croire). Je voudrais te dire les villages de nos enfances et nos retrouvailles quelque part dans le sud, la mer, nos mères. Je voudrais te dire combien je t'aime et quel pilier tu es dans ma vie, de près comme loin puisque nous nous aimons si bien même à distance. Je voudrais te dire tout ça et je voudrais mille ans d'avance pour t'écouter me raconter tout ce qui te meut.


A vite,
Je t'aime.

M.